Le pouvoir, ça se prépare
Les grands réformateurs, de Thatcher à Milei, partagent un secret que la France s’obstine à ignorer : la victoire se prépare longtemps avant l’élection, par un travail intellectuel, programmatique et opérationnel. 2027 approche : il est grand temps de s’y atteler.

Dans son discours d’investiture comme président de ce qui était alors l’UMP, en novembre 2004, Nicolas Sarkozy, qui voulait engager une « rupture » avec la torpeur du mandat de Jacques Chirac, affirmait : « Je suis prêt parce qu’au plus profond de moi-même je sais que la France ne redoute plus le changement mais qu’elle l’attend ». Quelques années plus tard, son successeur à l’Élysée, François Hollande, promit « le changement ». Le président suivant, Emmanuel Macron, engagea sa première campagne avec la promesse de conduire une « révolution ».
Las ! Un quart de siècle s’est écoulé et les sondages montrent que les électeurs sont déçus, défiants, voire défaits. En conséquence, ils semblent massivement séduits par les partis extrêmes, qui promettent de rompre brutalement avec les politiques passées.
Depuis 1978, presque aucune majorité parlementaire n’a été reconduite avec succès en France. L’inconstance, voire l’inconsistance, des électeurs est souvent pointée du doigt. Celle de leurs dirigeants également. Les commentateurs concluent généralement de ce tourbillon électoral que la réforme serait impossible et, de la lassitude démocratique qui en ressort, que l’audace gouvernementale serait par trop périlleuse.
La préparation de la réforme
Nos faiblesses viennent toutefois d’ailleurs.
Nos dirigeants politiques savent gagner les campagnes. Ils savent éliminer progressivement leurs concurrents, et d’abord ceux de leur propre camp. Ils savent emporter le soutien enthousiaste ou




