Ceci n’est pas le libéralisme

Le libéralisme souffre des caricatures qu’en donnent ses adversaires comme des dérives auxquelles ses défenseurs contribuent à l’assimiler. Face au retour de la tentation autoritaire en Europe, la défense de l’idée de liberté ne doit plus être une doctrine mais une foi en l’Homme.

Ceci n’est pas le libéralisme

Quand il entend le mot « libéralisme », le Français ne sort pas son revolver – le port d’armes est interdit en France –, mais il y songe fortement. Il faut dire que le terme, dans la sphère politique, est autant desservi par les discours simplistes de ceux qui le condamnent que par les reniements des rares personnalités qui ont pu s’en revendiquer.

Dans l’imaginaire collectif, le libéralisme convoque trois représentations.

La première est indubitablement celle du macronisme, une expérimentation politique qui a prétendu unir libéraux de gauche et de droite au sein d’une alliance moins dictée par la cohérence idéologique que par la nécessité électorale. Si ce projet a pu, à ses débuts, se traduire par des mesures concrètes sur le plan fiscal (instauration de la flat tax, baisse de l’impôt sur les sociétés, transformation de l’ISF en IFI) et économique (réforme de la SNCF, réforme du code du travail), il ne s’est jamais départi d’un certain dirigisme étatiste et n’a jamais entrepris de réduction sérieuse des dépenses publiques.

Moins libéral que modernisateur, le macronisme s’est rapidement abîmé sur un double écueil : la crise des Gilets jaunes, née d’une protestation populaire et spontanée contre la création d’une nouvelle taxe, et la crise du Covid, qui aura poussé l’État à adopter la doctrine du « quoi qu’il en coûte » – une formule séduisante pour justifier une débauche immodérée de dépenses publiques.

Ainsi condamné à l’impuissance, le macronisme a fini par substituer la gestion à la décision. Pour se maintenir, il a alors cédé à la multiplication des dépenses destinées à

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